Tinder au Sénégal, ça marche?

Pour ceux qui connaissent pas, Tinder est la première application de rencontres géolocalisée dans le monde. Son cofondateur, Sean Rad, américain et fils d’immigrés iraniens déclare: « Nous avons avons résolu le plus gros fléau de l’humanité: la solitude »

Sean Rad, cofondateur de Tinder

Lancé en mai 2012, Tinder fonctionne de façon simple: il suffit de s’inscrire et de glisser à gauche ou à droite de l’écran les profils qui nous plaisent ou non.

Et selon, vous pouvez engager la conversation avec les personnes qui vous intéressent et naturellement s’attendre à leur réponse.

Voilà une brève présentation de l’appli.

Cela dit, comme avec beaucoup d’applications, de sites ou de fonctionnalités, l’utilisation au Sénégal se heurte à une réalité: la plupart des plateformes (sites, applications, logiciels etc…) ne fonctionnent pas sous nos cieux. Certaines vidéos par exemples sont indisponibles sur Youtube au Sénégal pendant plusieurs jours après leur sortie parce qu’encore non accessibles à cause de la zone géographique. Pareil pour certaines applications qui sont juste disponibles aux USA et en Europe mais pas au Sénégal. De ce fait, beaucoup usent de VPN (Virtual Private Network, en français Réseau Privé Virtuel) afin de pouvoir contourner les limitations et blocages géographiques. Bref, la galère.

Nous nous sommes donc penchés sur le cas Tinder.

Nous en entendions parler sur le net, Twitter, Facebook etc… mais autour de nous, en offline, c’était le vent désertique. Personne n’en parlait.

Nous avons donc décidé de le télécharger pour tester et voir s’il y avait âme qui vive au Sénégal et qui l’utilisait. Et miracle! Ça marche! Nous avons « swipé » quelques profils et sommes entrés en contact avec certains. Nous sommes même allés jusqu’à donner rendez vous à deux d’entre eux. Un homme et une femme. Et ce n’étaient pas de faux profils qui vous demandent de l’argent, après quelques interactions en messagerie privée, parce que leur tante est à l’hôpital ou qu’elles veulent venir vivre chez vous. Non, c’était de vraies personnes, en chair et en os, et très sympathiques!

Jour J, nous nous sommes présentés au lieu de rendez vous où nous devions rencontrer l’homme qu’on appellera Souley. Il a plus de la trentaine. Après lui avoir expliqué l’objet de notre manœuvre et après l’avoir rassuré (parce qu’il était très tendu quand il a su que nous n’étions là que par curiosité) nous lui avons demandé depuis quand il connaissait Tinder. Il nous a expliqué l’avoir téléchargé sur suggestion du Playstore, après avoir téléchargé une autre application. Il a essayé ça a marché mais il n’avait jusqu’à présent pas fait de rencontre. C’était sa première fois. Et à la question à savoir pourquoi il voulait faire de rencontre, il nous a avoué qu’il était plutôt timide dans la vie réelle et que le virtuel lui permettait d’aborder des filles qu’il n’oserait pas approcher dans la rue. Il avait beau essayé Facebook mais « ce n’était pas vraiment ça ».

La jeune femme, elle, nous l’appellerons Mama, 28 ans. Nous l’avons rencontrée à son lieu de travail, à sa descente. Même réticence que Souley lorsque nous lui avons expliqué l’objet de notre rendez vous, mais elle se rassura vite. La raison pour laquelle elle s’est inscrite sur l’application est qu’elle est seule depuis des mois. N’arrivant pas à trouver un homme sérieux, qui voit dans le long terme, elle a décidé de tenter sa chance. Le physique très avantageux, Mama ne veut pas juste être vue pour sa plastique.

-Je veux un homme qui m’aime et qui m’apprécie pour qui je suis vraiment. Avec mes qualités et mes défauts. Malheureusement, tous les hommes qui m’approchent ne veulent juste qu’une chose… Et je ne suis pas ce genre de filles. Je travaille pour subvenir à mes propres besoins. Je ne veux pas de l’argent d’un homme. Je suis autonome. Tout ce que je veux, c’est quelqu’un qui m’aime. Et qui voudra fonder une famille avec moi. Aux deux nous avons posé une autre question: ont-il pris la version premium?

Leur réponse était non. « Je ne sais pas comment acheter sur internet alors je me contente de la version gratuite » a répondu Souley. Et Mama de nous répondre qu’elle peut effectivement souscrire à la version premium mais qu’elle n’en n’a pas envie. « Je suis peut être célibataire mais je ne suis pas à la chasse à l’homme » répond t-elle en riant.

Nous avons alors parlé de Tinder autour de nous et là! Surprise! Tinder est une sorte de non-dit. Pas mal de personnes y sont abonnées mais personne n’en parle. Le blocage « rencontre sur internet » est très présent au Sénégal. Certainement le regard de la société, le poids de la religion.

Et vous? Avez vous déjà essayé l’application? Dites nous ce que vous en pensez dans les commentaires!

Un peu de bouche à oreilles? :)

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